Les “lances” et “boucliers” des négociations entre l’Iran et les États-Unis : l’Iran abandonnera-t-il l’arc de résistance ?



Récemment, les négociations entre l’Iran et les États-Unis à Oman et Islamabad semblent porter sur la question nucléaire, mais en réalité, elles dissimulent une ligne de tension plus cruciale — l’arc de résistance.

Parlons d’abord des compensations. L’Iran demande à Bahreïn, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et la Jordanie de compenser les pertes de guerre, sauf le Koweït. Certains se demandent pourquoi, en vérifiant, ils découvrent que lors des bombardements de représailles, le Koweït a été le plus gravement touché. En faisant les comptes, il semble que les deux parties se soient mutuellement compensées, ce qui est plutôt intéressant.

Revenons aux négociations. Selon les informations disponibles, il existe en réalité un espace de compromis sur la question nucléaire :

L’Iran a déjà fait des concessions : il accepte de détruire tout l’uranium enrichi à 60 %, et d’accepter des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Les divergences concernent la durée : les États-Unis exigent de geler l’enrichissement d’uranium pendant 20 ans, l’Iran propose 5 ans. Ce n’est pas une question de principe, cela peut se négocier — par exemple, faire un compromis à 10 ans ?

La levée des sanctions : les États-Unis acceptent de débloquer 6 milliards de dollars d’actifs, l’Iran réclame 27 milliards. Les Américains veulent une levée progressive et réversible, l’Iran souhaite une levée totale et définitive.

Ces chiffres peuvent se négocier. Le vrai défi réside dans deux points :

Premièrement, le détroit d’Hormuz. L’Iran insiste sur sa souveraineté et sa capacité à percevoir des taxes, ce que les États-Unis refusent. À ce stade, aucune solution de compromis acceptée par les deux parties n’est visible. Si cela échoue, il pourrait y avoir une reprise des tensions.

Deuxièmement, l’arc de résistance — c’est là que se trouve le “fil conducteur” secret de Trump.

Pour mieux comprendre, comparons l’accord d’Obama et les exigences de Trump :

L’accord d’Obama : l’Iran ne peut conserver que de l’uranium enrichi à moins de 3,67 %, réduit de 98 % ses stocks d’uranium, et accepte des inspections strictes. Ces garanties empêchent l’Iran de développer une arme nucléaire, mais n’abordent pas du tout l’arc de résistance.

Les exigences de Trump : en plus d’un désarmement plus complet (gel de 20 ans), il interdit à l’Iran d’étendre ses activités militaires à l’étranger, c’est-à-dire de cesser d’aider le Hezbollah, les Houthis, etc.

Pourquoi cette ligne est-elle si importante ? Parce que pour l’Iran :

L’arme nucléaire est le “bouclier” : elle sert principalement de dissuasion, protégeant le territoire national contre une attaque.

L’arc de résistance est le “lance” : c’est un outil offensif, destiné à étendre son influence, encercler Israël et les monarchies du Golfe, voire renverser certains gouvernements.

Depuis la réussite de la défense d’Assad en 2011, l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban forment un seul bloc, avec des agents en Yémen, à Bahreïn et à l’intérieur d’Israël. Ce réseau entoure étroitement Israël et l’Arabie saoudite — ce qui pousse ces pays à vouloir faire pression sur l’Iran pour qu’il cesse ses actions.

Mais le problème, c’est que le Moyen-Orient est un échiquier où chaque acteur s’ingère dans les autres. La Turquie soutient les rebelles en Syrie, les Kurdes sont soutenus par les États-Unis, les Druzes par Israël, Assad par la Russie et l’Iran… Si tout le monde s’ingère, pourquoi l’Iran ne pourrait-il pas faire de même ?

Inversement, puisque l’Iran intervient dans d’autres pays, pourquoi les États-Unis ne pourraient-ils pas intervenir chez lui ?

En réalité, l’Iran est actuellement faible et doit probablement faire des concessions. La conclusion la plus probable est :

À court terme : un cessez-le-feu, par exemple en réduisant temporairement son soutien aux Houthis.

À long terme : cela dépendra du désir profond de l’Iran — veut-il simplement vivre tranquillement ou dominer le Moyen-Orient ?

Les réactions du marché montrent une certaine optimisme (ETH en hausse de 8 %, ouverture en gap haussier en Asie et en A-share). Les fonds anticipent déjà une “atténuation de la tension”. La deuxième ronde de négociations (probablement à Islamabad ou Genève, du 17 au 19) sera cruciale. Si elles aboutissent, ce sera la paix ; si elles échouent, le marché pourrait retomber rapidement à ses niveaux de fin mars.

Globalement, le plancher de la guerre entre l’Iran et les États-Unis semble être atteint — personne ne veut vraiment se battre. Tout dépend maintenant de la capacité de certains à trouver une solution de compromis sur le détroit d’Hormuz et sur le degré de concession de l’Iran concernant l’arc de résistance.

Optimisme à court terme, jeu de longue haleine à long terme. Un compromis gagnant-gagnant reste possible.
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