Si la loi 《GENIUS Act》 de 2025 est considérée comme le « moment constitutionnel » des stablecoins américains, alors ce projet de règlement présenté par la FDIC en avril 2026 marque l’ouverture officielle de l’« ère de l’application ».


Cette semaine, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a publié dans le Journal officiel une règle proposée, avec une période de consultation de près de deux mois, jusqu’au 9 juin. Elle établit des contraintes et des lignes directrices claires concernant l’émission de stablecoins par les banques et leurs filiales fintech.
En résumé, la FDIC est en train de concrétiser la 《Généralisation et établissement d’un cadre d’innovation nationale pour les stablecoins américains》 (GENIUS Act) adoptée en 2025, en la traduisant en listes d’actions concrètes, en règles de supervision et en exigences opérationnelles.
Pourquoi la FDIC peut-elle prendre la parole ? La légitimité de son pouvoir de régulation
Pour comprendre l’importance de ce projet, il faut d’abord connaître l’origine de la FDIC.
La FDIC, dont le nom complet est Federal Deposit Insurance Corporation, est une agence fédérale indépendante créée par le Congrès. Sa mission principale est d’assurer les dépôts bancaires, de vérifier et de réguler la stabilité et la sécurité des institutions financières, et de gérer les faillites bancaires.
Elle supervise directement une large catégorie de banques et d’épargnes, généralement autorisées par les États mais non membres du système de la Réserve fédérale. Elle a donc le pouvoir de définir des règles concernant leur sécurité, leur capital, leur liquidité, la protection des clients et la portée de l’assurance-dépôts. En France, cela correspond aux fonctions de la Commission de surveillance des banques et des assurances.
Ainsi, la FDIC dispose déjà d’un certain pouvoir réglementaire pour publier des lignes directrices sur les stablecoins. Si une banque ou sa filiale souhaite émettre de nouveaux instruments de dette liés au système de paiement en dollars, la FDIC s’intéresse naturellement à leur capital, leur liquidité, leur rachat, leur garde, leur transparence et leurs risques de vente trompeuse.
Le projet de règle publié cette fois concerne principalement les émetteurs de stablecoins dans le système bancaire sous la supervision de la FDIC, notamment les « émetteurs de stablecoins de paiement qualifiés » (PPSI), établis par des institutions de dépôt réglementées par la FDIC, ainsi que certains services de garde et de conservation.
Ce qui est encore plus crucial, c’est l’autorisation directe issue de la 《Genius Act》. Cette loi, signée par Trump le 18 juillet 2025, impose à la FDIC, à l’OCC, à la Réserve fédérale, à la NCUA et au Trésor de définir des règles pour les émetteurs de stablecoins dans leur juridiction respective. Pour la FDIC, cela signifie qu’elle sera la principale régulatrice des filiales de stablecoins des banques non membres de la FDIC et des institutions d’épargne régulées par elle.
Cela explique aussi la relation entre cette proposition et la législation existante sur les stablecoins : ce projet n’est pas une nouvelle loi, mais une règle d’application de la GENIUS Act. La GENIUS Act constitue le premier cadre fédéral complet pour les stablecoins aux États-Unis, exigeant que seuls les « émetteurs de stablecoins de paiement autorisés » puissent légalement émettre ces tokens, et précisant que les filiales bancaires sont régulées par leur principal superviseur bancaire, tandis que les émetteurs non bancaires sous licence fédérale relèvent principalement de l’OCC.
En décembre 2025, la FDIC avait déjà publié une première version de cette règle, concernant la procédure d’autorisation pour les filiales bancaires souhaitant émettre des stablecoins. La version d’avril 2026 va plus loin en précisant les exigences en matière de réserves, de rachat, de capital, de liquidité, de gestion des risques, de garde et de transparence que ces entités devront respecter après obtention de l’autorisation. Elle envoie un message clair au secteur bancaire : pas question de jouer avec l’assurance-dépôts ou la tokenisation des dépôts.
Les six points clés de la nouvelle réglementation : du « 1:1 réserve » à l’interdiction d’émettre des intérêts
Examinons plus en détail cette proposition de la FDIC, qui comporte six éléments fondamentaux définissant les règles du jeu pour la stabilité des stablecoins dans le système bancaire.
Premier point : les actifs de réserve. La règle exige que l’émetteur maintienne en permanence un ratio d’au moins 1:1 entre la réserve identifiable et la stablecoin en circulation, et que la valeur de ces réserves ne tombe jamais en dessous de la valeur totale des stablecoins non rachetés. L’émetteur doit aussi pouvoir relier une réserve spécifique à chaque marque de stablecoin.
La FDIC propose aussi que, si une filiale émet plusieurs marques différentes, chaque marque dispose d’un pool de réserves séparé, traçable et isolé, pour éviter qu’un problème sur une marque ne se propage à l’ensemble.
Deuxième point : la qualité, la liquidité et la capacité de réalisation des réserves. La proposition exige que ces réserves soient non seulement maintenues à un ratio d’au moins 1:1, mais aussi qu’elles soient facilement réalisables, c’est-à-dire rapidement convertibles en fonds disponibles en cas de demande de rachat. La FDIC envisage aussi de limiter la réhypothèque ou la réutilisation des réserves, notamment pour les actifs basés sur des obligations d’État à court terme, tout en restant en consultation sur la gestion des arrangements de rachat et de prêt inversé.
Troisième point : le rachat « T+2 ». La règle impose que l’émetteur publie une politique claire de rachat, précisant le délai, la procédure et le montant minimal. Le rachat doit être effectué au plus tard deux jours ouvrables après la demande. Toute restriction discrétionnaire doit être approuvée par la FDIC, et le montant minimal de rachat ne peut dépasser la valeur d’un stablecoin, pour garantir l’égalité des investisseurs particuliers.
Quatrième point : la liste des activités autorisées et interdites. La FDIC limite les activités principales des émetteurs de stablecoins à l’émission, au rachat, à la gestion des réserves et à certains services de garde. Toute autre activité doit soutenir directement ces activités, sous contrôle réglementaire. La proposition interdit aussi :
- d’indiquer que le stablecoin bénéficie de la garantie de crédit du gouvernement américain
- d’indiquer qu’il est couvert par l’assurance-dépôts fédérale
- de verser des intérêts ou des gains simplement parce que l’utilisateur détient ou utilise le stablecoin
- d’accorder des prêts pour acheter ses propres stablecoins, ce qui introduirait un effet de levier sur la réserve 1:1.
Cinquième point : la gestion flexible du capital, de la liquidité et des risques. La FDIC ne reprend pas simplement les ratios de capital bancaire, mais propose un cadre plus souple. Les PPSI doivent disposer d’au moins du capital CET1 et AT1, et mettre en place des processus d’auto-évaluation et de conformité. En cas de risque accru, la FDIC peut exiger davantage de capital ou des réserves supplémentaires. La règle prévoit que si l’émetteur se limite à l’émission et au rachat, ses exigences en capital seront moindres, mais qu’elles augmenteront avec la complexité et le risque des activités.
Sixième point : la transparence via des rapports hebdomadaires et mensuels. La proposition impose une publication mensuelle de la composition des réserves, des politiques de rachat et des frais, ainsi qu’un rapport hebdomadaire confidentiel à la FDIC. La vérification de ces rapports doit être effectuée par un cabinet comptable agréé, et le CEO ainsi que le CFO doivent certifier leur exactitude. En liant transparence, contrôle indépendant et responsabilité des dirigeants, la règle renforce la conformité continue et la fiabilité des informations.
Un point sensible : la FDIC précise que les dépôts en banque servant de réserve pour les stablecoins ne doivent pas être considérés comme assurés par l’assurance-dépôts fédérale selon le principe de « délitement » (穿透式存款保险). Elle clarifie aussi que si un « dépôt tokenisé » répond à la définition de dépôt, il ne sera pas traité différemment simplement parce qu’il est sur la blockchain ou sous forme de token. En d’autres termes, les stablecoins ne sont pas des produits d’assurance-dépôts, mais un vrai « dépôt tokenisé » pourrait continuer à être considéré comme un dépôt protégé par l’assurance.
L’impact potentiel de cette nouvelle réglementation
Actuellement, cette proposition n’est qu’un projet de règle, pas une règle définitive, et ne concerne pas tous les stablecoins, mais uniquement ceux émis par des institutions sous la supervision de la FDIC ou leurs activités de garde associées. La FDIC estime qu’au début, seulement 5 à 30 institutions réglementées par elle pourraient demander l’autorisation d’émettre des stablecoins via leurs filiales, avec quelques dizaines d’autres pour les services de garde.
Mais sur le plan systémique, cette proposition est très significative. Elle constitue la concrétisation du GENIUS Act, en transformant une législation abstraite en règles concrètes. Elle s’inscrit aussi dans un cadre plus large avec les règles parallèles de l’OCC de février et celles du Trésor sur la lutte contre le blanchiment et les sanctions, dessinant ainsi une architecture complète de régulation fédérale des stablecoins. Enfin, elle influencera fortement la compétition future : les acteurs disposant de licences, de capitaux solides et d’infrastructures bancaires auront un avantage face aux modèles décentralisés, à faible capital et dépendant du marketing.
Particulièrement, la restriction à l’interdiction de verser des intérêts ou des gains, la limitation de la réutilisation des réserves, et la définition stricte de l’assurance FDIC, renforceront la position des banques et des émetteurs hautement conformes.
Ainsi, cette proposition ne doit pas être simplement considérée comme une bonne nouvelle pour la cryptosphère, mais comme une étape clé dans la réglementation précise des stablecoins aux États-Unis. Sur le plan législatif, elle est inférieure à la GENIUS Act, mais en pratique, elle est bien plus importante que de simples discours politiques.
Les banques traditionnelles, bien capitalisées, disposant de licences et capables d’endurer une réglementation stricte et une faible rentabilité, seront probablement les grands gagnants de cette nouvelle ère réglementaire. La scène des stablecoins américaines s’apprête à connaître un nouveau souffle.
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