Revolut modifie sa stratégie aux États-Unis en se concentrant sur une licence bancaire de novo

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Revolut repense la façon dont l’entreprise s’introduit dans le système bancaire américain. Au lieu d’acquérir un prêteur américain existant, le géant de la fintech prépare désormais une démarche en vue d’obtenir une licence bancaire nationale autonome, selon des informations du Financial Times.

Ce changement reflète le calcul selon lequel les conditions réglementaires à Washington ont évolué de manière significative, rendant une nouvelle demande plus attrayante qu’une acquisition complexe.

Pourquoi Revolut s’est retiré d’une acquisition

Auparavant, Revolut avait envisagé l’achat d’une petite banque américaine à charte afin de contourner plus rapidement le processus d’octroi de licence. Cette voie comporte toutefois des compromis : des systèmes centraux hérités, des cadres de conformité repris et des obligations de succursales physiques, incompatibles avec le modèle “digital-first” de Revolut.

Dans le cadre de l’orientation actuelle des politiques de l’administration du président Trump, les dirigeants de Revolut estiment, selon des informations, qu’une charte de novo, délivrée directement par le Bureau du contrôleur de la monnaie (Office of the Comptroller of the Currency), pourrait désormais aller plus vite et avec moins d’atteintes structurelles que ces dernières années.

Une charte nationale, une portée nationale

Une charte réussie de l’OCC permettrait à Revolut d’opérer dans les 50 États avec un seul cadre fédéral. Cela supprimerait le recours à des banques partenaires intermédiaires comme Sutton ou Cross River, qui sous-tendent actuellement de nombreuses offres fintech aux États-Unis.

Plus important encore, cela donnerait à Revolut un contrôle direct sur les dépôts et les prêts, deux flux de revenus clés qu’il n’a pas réussi à capter pleinement sous les modèles de parrainage.

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Un jeu long de 75 milliards de dollars

Avec une valorisation annoncée de 75 milliards de dollars, Revolut est la fintech la plus précieuse d’Europe et se positionne de plus en plus comme une plateforme financière mondiale plutôt que comme une application de paiements. Le marché américain est central pour cette ambition.

Dans le même temps, l’entreprise travaille à normaliser son statut bancaire au Royaume-Uni et a dévoilé des projets d’investir plus de 13 milliards de dollars à l’échelle mondiale au cours des cinq prochaines années, soulignant à quel point les licences bancaires réglementées sont essentielles à la prochaine phase de sa croissance.

Où en sont les choses

Revolut n’a pas formellement pris d’engagement envers une voie unique, indiquant publiquement qu’elle « explore activement toutes les options ». Néanmoins, des discussions avec des responsables américains autour d’une demande de novo ont déjà eu lieu, signalant que l’orientation stratégique s’éloigne des acquisitions et se tourne vers la construction d’une banque américaine ex nihilo.

En cas de succès, Revolut rejoindrait un petit mais croissant groupe de fintechs qui parient sur une intégration réglementaire complète, plutôt que sur des contournements, comme moyen le plus rapide de se développer à l’ère post-taux zéro.

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